Mon cerveau en chaise roulante

Pyramide d’angoisse, m’imbibe dans sa nasse, m’exhibe puis me trépasse.

Aliénation brutale, des toxines dans mon mental, décoction sentimentale.

Précarité en embuscade, comment pallier à cette dégringolade, ô avenir maussade.

Dans ce pourrissement sans entrave, négligemment je mens avec emphase, serment et antiphrase.

Vieillesse cadencée, se presse sur sa lancée, dans une liesse surannée, ivresse tourmentée.

Et sur ces sommets où tu te plais à danser, je graverai d’éternité une thérapie en deux Odyssées.

Déflagration

L’atmosphère a changé, le temps d’une déflagration, rien que l’on puisse faire pour empêcher le pire de se produire, ne te blâme pas, laisse couler la larme, laisse tonner l’alarme. Le bruit des bottes retentit là-bas, regarde par la fenêtre, ils sont déjà loin les joyeux souvenirs, tu voulais l’amour d’une femme et regarder les enfants grandir, oh tu es si naïf, une telle douleur ne prévient pas. Où sont désormais les rires, perdu, leur charme d’antan, moqueurs et facétieux, mon cœur n’ira plus jamais mieux. Mon frère, je te comptais à mes côtés pour l’éternité, oh combien je me trompais ! Une déflagration, peux-tu le croire, une déflagration a tué le rire, et j’ai gaspillé mes cartouches dans des pleurs indélébiles.

Tutoyer les sommets

Lorsque mon regard se pose sur les toits de lauzes, je le laisse glisser pour ne pas le figer, sur des tuiles couleur cendre, taillées dans la pierre tendre.J’envisage un orage pour faire régner la pluie, ravitaillant sans bruit les torrents étourdis, tandis qu’avec fracas le glacier façonnera, des éboulis béats pour névés sans éclat.Mais sur ces neiges éternelles se lèvent des aubes nouvelles, dont l’accent un peu trop cruel a tôt fait fondre ces demoiselles.Plus bas dans la vallée, civilisation en danger, car sur l’adret comme sur l’ubac, le soleil cogne le plancher craque.Alors avant qu’ils ne périssent parmi quelque précipice, immortaliser ces chalets où bois et pierre se sont mêlés pour forger balcons et greniers à l’attirante rusticité.

Le train vaccille

Défilent les villes et les champs, trépignent les hymnes en dedans. Ai-je tant semé l’hiver venant, et dans le torrent des pensées consumé toute liberté? J’ai parcouru l’échine des mots, humour fragile le verbe haut. Faut-il séduire par l’éclectisme ou bien conserver son mutisme, la parole fraîche se dépêche d’enterrer les sombres ragots, et dans la besace du poète les vers ont bientôt fait place nette.